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Jeune Homme- Karl Ove Knausgaard

13 août
2 min de lecture

Pour travailler l’écriture de La chambre verte, j’avais commandé toute une série de récits autobiographiques dont je ne suis pas encore venue à bout. Dans la pile de livres qu’il me restait à explorer se trouvaient les six tomes de Mon combat, d’un certain Karl Ove Knausgaard, auteur norvégien qui m’était complètement inconnu. N’étant pas une grande adepte des séries, je procrastinais dans l’attente de la mystérieuse inspiration qui gouverne souvent mes choix de lecture.

Je ne fus pas particulièrement marquée par le premier tome, que je lus il y a quelques mois. C’est donc avec une retenue certaine que j’abordai le deuxième tome : un pavé de plus de 700 pages que j’avalai en quelques jours ! Pourtant, c’est sur le troisième volume que j’ai décidé de me pencher dans ce blog, tout simplement parce qu’il touche de plus près à l’une des trois thématiques psychologiques chères à ma pratique, à savoir celle du trauma. Alors que, dans le premier volume, l’auteur évoque la mort de son père et l’étrange mélange d’indifférence et de bouleversement qu’elle suscite en lui, le troisième tome explore l’enfance de Knausgaard.

À travers son attention aux plus infimes banalités du quotidien, Knausgaard nous fait entrer dans le monde intérieur d’un enfant terrorisé par son père. Il montre admirablement que la terreur n’a pas besoin de prendre la forme d’actes d’une violence extrême pour anéantir celui qui la subit. Cet ouvrage aurait aussi bien pu s’intituler Une enfance sous la banalité du mal.

Autre particularité de l’auteur : la discrétion déconcertante avec laquelle il parvient à livrer tous les détails de sa vie intime. À plusieurs reprises, je dus me rappeler qu’il racontait sa propre vie. Est-ce là l’art de se détacher d’un « je » égotique ou cette distance donne-t-elle à voir quelque chose d’un mécanisme dissociatif ?

Je refermai le livre avec cette phrase en tête : « Comme quoi, finalement, tout passe. » Non pas nécessairement parce que tout disparaît, mais parce que ce qui fut autrefois subi peut, un jour, être regardé et raconté.

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