Pourquoi ces chroniques?
La supervision clinique occupe une place essentielle dans ma pratique. Elle offre un espace pour réfléchir sa clinique, mettre en perspective ce qui se joue dans la rencontre thérapeutique et prendre la distance émotionnelle nécessaire pour continuer à accompagner l'autre sans s'y perdre soi-même.
Pourtant, au fil des années, j'ai découvert que la supervision seule ne suffisait pas toujours. Certaines histoires, certaines rencontres, certains silences continuaient à résonner bien au-delà du cabinet.
Convaincue du pouvoir cathartique de la création artistique, je me suis alors tournée vers l'écriture de la clinique. Non pas pour raconter des patients, mais pour mettre en mots ce que leur rencontre venait éveiller en moi : des questionnements, des émotions, des réflexions sur l'exil, le traumatisme, la résilience, l'appartenance ou encore la quête de sens.
L'idée de ces chroniques est née presque malgré moi. Un soir, après une journée particulièrement éprouvante, les mots se sont imposés d'eux-mêmes. Ils ont donné naissance à une première chronique intitulée Quand le sens s'exile. J'y ai trouvé un espace de réflexion, mais aussi une manière de transformer l'émotion en pensée.
Depuis, j'ai décidé d'en faire un rituel.
À travers ces textes, je vous invite dans les coulisses d'une pratique clinique où se croisent les récits d'exil, les blessures invisibles, les ressources insoupçonnées et les questions profondément humaines qui nous habitent tous. Ces chroniques ne prétendent pas apporter de réponses définitives. Elles sont avant tout des invitations à penser, à ressentir et parfois à regarder autrement ce qui nous relie les uns aux autres.
Quand le sens s'exile, l'écriture devient parfois un lieu où il peut revenir habiter le monde.

